Dimanche 22 avril : à 14h, départ de l’hôtel de Kanazawa. Avec M. Matsumoto et sa femme nous participons à une cérémonie du thé à Kanazawa dans le quartier de Tera-machi, aussi appelé le quartier des samouraï. C’est un quartier d’habitat ancien, avec de nombreuses maisons en bois. On appelle d’ailleurs Kanazawa « la petite Kyoto » en raison de ses nombreux quartiers anciens et des vestiges de l’époque Edo comme les temples, le château et le jardin que nous avions visité la semaine dernière.
Cette cérémonie du thé était la première à laquelle nous participions intégralement. Dans une salle spéciale d’une maison ancienne, nous nous sommes assis sur les tatamis ; puis une femme vêtue d’un kimono a préparé du thé japonais (-matcha- se présentant sous forme de poudre verte qu’il faut diluer dans de l’eau très chaude) en suivant des gestes très codifiés. Il est très difficile d’ailleurs de réaliser parfaitement cette procédure car les gestes sont nombreux et doivent être réalisés dans un ordre rigoureux. De nombreux japonais tentent d’ailleurs d’apprendre la cérémonie du thé pendant de longues années, abandonnant parfois tellement la tâche s’avère délicate.
Je reprends où nous en étions. Nous étions assis sur les genoux le temps que nous avons pu, et des femmes en Geisha nous ont apportées pour chacun un bol de thé. Auparavant nous avions dégusté une pâtisserie japonaise à base de pâte d’haricots rouges pour compenser le goût amer du thé vert.
Après la cérémonie du thé, nous avons pris la route vers le sud de la préfecture d’Ishikawa, direction Nomi. Là, nous avons été accueillis par un rotarien, assistant du gouverneur, qui dirige un complexe de plusieurs hôtels de style japonais, appelé ryokan, proposant des onsen, bains privés ou collectifs d’eau chaude de source. Les onsens sont présents dans tout le Japon, mais la région d’Ishikawa est particulièrement prisée par les japonais en vacances. Un moment de repos en fin d’après-midi nous a permis de nous installer dans nos suites : nous avions en effet des « chambres » sur deux niveaux, composées d’un salon, d’une chambre à coucher, ainsi que d’une superbe salle de bain avec un bain de source d’eau chaude, donnant sur une jardin privé ! Un vrai palace ! L’hôtel disposait également de bains collectifs, hommes et femmes séparés.
Lundi 23 avril nous avons fait la connaissance de Alexandre et Yasue, habitant non loin de là, à Kaga. Alexandre est français et habite depuis un an à Kaga en compagnie de Yasue, son épouse, et de leur garçon Quentin, 3 ans. Nous étions ravis de pouvoir parler français !
Première activité de la journée : rencontre avec le maire de Nomi qui a proposé à Sophie de l’embaucher pour travailler sur l’aménagement de sa commune. Lors de cette visite nous avons reçu un très beau cadeau de la part du maire : deux tasses en céramique de Kutani, très célèbre dans le monde entier. Nous détaillerons ce point dans la journée de mercredi car ce jour-là nous avons visité le musée à Kaga.
Le déjeuner s’est ensuite déroulé à l’Institut japonais des sciences et des technologies (JAIST- Japan advanced sciences and technology) que nous avons visité l’après-midi.
La matinée commence par une plongée dans le japon traditionnel par une seconde cérémonie du thé appelé « Cha-no-yu ou Sado » qui signifie littéralement « la voie du thé ». Cette cérémonie originaire de Chine fut introduite au 16ème siècle par le Maître Senso-Rikyu ; elle provient de la philosophie bouddhiste et zen. La maîtrise de chacun des gestes révèle un état de concentration et de renoncement aux choses matérielles. L’accueil qui nous est faite est particulièrement courtoise et fait l’objet d’une retenue nécessaire à la stricte étiquette de cette cérémonie comme le veut la tradition.
Aussi, comme l’a rappelé Sophie, chaque geste est soigneusement codifié car il s’agit avant tout d’une discipline mentale qui doit tendre vers quatre principes : harmonie, respect, pureté et tranquillité. La cérémonie à laquelle nous assistons applique le strict protocole du Sado. Nous sommes invités à nous asseoir dans l’espace réservé aux invités importants (Kinin Datami), devant le Tokonoma (espace réservé à la décoration florale –Ikebana). Ensuite, la cérémonie se déroule en plusieurs actes qu’il serait malheureusement trop long détaillé ici. Notons simplement que l’apprentissage de cette cérémonie fait l’objet d’une attention particulière dans les familles japonaises qui transmettent ses valeurs.
Après la cérémonie, nous visitons les pièces annexes, notamment une salle aux dimensions plus petites et d’un agencement différent –elle aussi réservée aux cérémonies (Gen’an). Le pavillon est un bâtiment traditionnel construit assez récemment par Iemoto Ho-Unsai Sen Soshitsu afin de commémorer la mémoire de son ancêtre et grand maître de l’Ecole Urasenke, Senso Soshitsu. Il s’agit d’un don généreux fait par la Ville de Komatsu.
De là nous traversons le jardin -sur lequel il y aurait aussi beaucoup à dire-
La journée n’est pas finie car nous nous dirigeons à présent au sud de Komastu, au sanctuaire de Natadera.
Mercredi 25 : le début de la fin
Le levé est difficile et j’avoue qu’une grasse matinée n’eut pas été de trop ! Mais nous profitons des dernières heures qui nous restent avant le départ pour quelques visites culturelles supplémentaires.
Nous rencontrons, tout d’abord le Maire de Kaga, très heureux de rencontrer des Français et de partager avec nous sa propre expérience dans notre pays. Nous apprenons ainsi qu’il demeura un mois dans la ville de Blois, visitant les châteaux et les caves de la Loire, afin de mieux appréhender les institutions françaises et notre culture.
Nous aurons ensuite l’occasion de nous rendre à quelques kilomètres de Kaga, sur la commune de Yamanaka qui développe, avec la préfecture d’Ishikawa, un projet urbain novateur. En effet, la rue principale a fait l’objet d’une réhabilitation -dont Sophie serait plus à même de pouvoir parler- et que je qualifierais de radicale : alignement des maisons et magasins nécessitant la destruction et la reconstruction d’un nombre important d’édifices.
Par ailleurs, la ville de Yamanaka est célèbre pour ses laques que l’on peut admirer dans toutes les bâtiments publics tel le théâtre où l’on assiste aux représentations de la toute aussi célèbre danse, dite de « Yamanaka ».
Enfin, nous finissons cette matinée par la visite du musée de la Céramique de Kutani, célèbre au Japon et dans le monde entier. Le conservateur qui nous accueille nous présente les collections du musée. (Comme dans chacun des musées que j’ai pu visité en un mois, je suis toujours surprise par la qualité de la muséographie, simple et efficace.)
Cette céramique se caractérise par ses formes élégantes et ses nuances colorées qui se déclinent sur une gamme de 5 couleurs : vert, jaune, blanc, bleu et rouge. Trois styles sont identifiables (« Aote », « Iroe Gosai » et « Akae Kinran »).
Nous déjeunons ensuite avec le dernier club rotary dans le centre de Kaga. Nous remettons donc, un peu ému, nos dernières bannières.
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