mercredi 25 avril 2007

HOT SPRINGS

Dimanche 22 : A nous les sources d’eaux chaudes !

Dimanche 22 avril : à 14h, départ de l’hôtel de Kanazawa. Avec M. Matsumoto et sa femme nous participons à une cérémonie du thé à Kanazawa dans le quartier de Tera-machi, aussi appelé le quartier des samouraï. C’est un quartier d’habitat ancien, avec de nombreuses maisons en bois. On appelle d’ailleurs Kanazawa « la petite Kyoto » en raison de ses nombreux quartiers anciens et des vestiges de l’époque Edo comme les temples, le château et le jardin que nous avions visité la semaine dernière.
Cette cérémonie du thé était la première à laquelle nous participions intégralement. Dans une salle spéciale d’une maison ancienne, nous nous sommes assis sur les tatamis ; puis une femme vêtue d’un kimono a préparé du thé japonais (-matcha- se présentant sous forme de poudre verte qu’il faut diluer dans de l’eau très chaude) en suivant des gestes très codifiés. Il est très difficile d’ailleurs de réaliser parfaitement cette procédure car les gestes sont nombreux et doivent être réalisés dans un ordre rigoureux. De nombreux japonais tentent d’ailleurs d’apprendre la cérémonie du thé pendant de longues années, abandonnant parfois tellement la tâche s’avère délicate.
Je reprends où nous en étions. Nous étions assis sur les genoux le temps que nous avons pu, et des femmes en Geisha nous ont apportées pour chacun un bol de thé. Auparavant nous avions dégusté une pâtisserie japonaise à base de pâte d’haricots rouges pour compenser le goût amer du thé vert.

Après la cérémonie du thé, nous avons pris la route vers le sud de la préfecture d’Ishikawa, direction Nomi. Là, nous avons été accueillis par un rotarien, assistant du gouverneur, qui dirige un complexe de plusieurs hôtels de style japonais, appelé ryokan, proposant des onsen, bains privés ou collectifs d’eau chaude de source. Les onsens sont présents dans tout le Japon, mais la région d’Ishikawa est particulièrement prisée par les japonais en vacances. Un moment de repos en fin d’après-midi nous a permis de nous installer dans nos suites : nous avions en effet des « chambres » sur deux niveaux, composées d’un salon, d’une chambre à coucher, ainsi que d’une superbe salle de bain avec un bain de source d’eau chaude, donnant sur une jardin privé ! Un vrai palace ! L’hôtel disposait également de bains collectifs, hommes et femmes séparés. Imaginez-vous dans un large bain autour de 40°, sentant des essences végétales, avec le bruit de l’eau s’écoulant… Une fois sortis du bain, nous nous sommes préparés pour la soirée. Sophie et Emmanuelle, aidés par des japonaises de l’hôtel, ont revêtu des yukata, tenues typiquement japonaises, sortes de kimono en coton. La tenue consistait en une grande tunique fermée par une ceinture, d’une veste en soie, ainsi que des chaussures en bois traditionnelles (geta), sorte de tong, et des chaussettes spéciales appelées tabi. Nous étions ravissantes en japonaise ! Ainsi habillées, nous avons participé au dîner avec quelques membres du club de Rotary de Nomi. Le repas était très copieux, les plats s’enchaînant les uns après les autres, accompagnés bien sûr de saké chaud ! Le riz et la soupe ont enfin annoncé la fin du repas. Un dernier bain chaud avant de dormir, et la journée s’est achevée. Lundi 23 : Au pied du Mont Hakusan

Lundi 23 avril nous avons fait la connaissance de Alexandre et Yasue, habitant non loin de là, à Kaga. Alexandre est français et habite depuis un an à Kaga en compagnie de Yasue, son épouse, et de leur garçon Quentin, 3 ans. Nous étions ravis de pouvoir parler français !
Première activité de la journée : rencontre avec le maire de Nomi qui a proposé à Sophie de l’embaucher pour travailler sur l’aménagement de sa commune. Lors de cette visite nous avons reçu un très beau cadeau de la part du maire : deux tasses en céramique de Kutani, très célèbre dans le monde entier. Nous détaillerons ce point dans la journée de mercredi car ce jour-là nous avons visité le musée à Kaga. La journée s’est poursuivie par la visite du temple de « Hakusan Shrine ». Hakusan est le mont qui domine le sud de la région d’Ishikawa. Il culmine à environ 2800 m. Ce nom signifie « Mont-Blanc ». A ce temple, auquel on accédait par une longue montée parmi les arbres, nous avons assisté à une cérémonie Shinto spécialement pour nous. Toute personne peut en effet demander une cérémonie pour elle-même. Elle a duré environ 30 minutes, au cours de laquelle nous avons écouté des prières, puis assisté à des danses de jeunes filles habillées en costume traditionnel. Vers la fin de la cérémonie, Jean-Marie, en tant que leader, a pu déposer une feuille de laurier.
Le déjeuner s’est ensuite déroulé à l’Institut japonais des sciences et des technologies (JAIST- Japan advanced sciences and technology) que nous avons visité l’après-midi. Situé à 20km de Kanazawa, il a été fondé en 1990 et est l’un des principaux centres de technologie du Japon. Il forme des étudiants au niveau master (en deux ans) et doctorat (en trois ans). La formation propose trois domaines : sciences de l’information, sciences des matériaux, ainsi que sciences des connaissances. Le but de cet institut est de former les ingénieurs aux techniques de la communication et de l’organisation de la connaissance, et des managers aux techniques scientifiques. Dans ce centre nous avons assisté à la présentation de travaux réalisés par les enseignants chercheurs comme la modélisation d’images en 3D. Après cette visite, direction Komatsu, où le soir nous avons participé un meeting très convivial.
Mardi 24 : Découverte de Komastu

La matinée commence par une plongée dans le japon traditionnel par une seconde cérémonie du thé appelé « Cha-no-yu ou Sado » qui signifie littéralement « la voie du thé ». Cette cérémonie originaire de Chine fut introduite au 16ème siècle par le Maître Senso-Rikyu ; elle provient de la philosophie bouddhiste et zen. La maîtrise de chacun des gestes révèle un état de concentration et de renoncement aux choses matérielles. L’accueil qui nous est faite est particulièrement courtoise et fait l’objet d’une retenue nécessaire à la stricte étiquette de cette cérémonie comme le veut la tradition.
Aussi, comme l’a rappelé Sophie, chaque geste est soigneusement codifié car il s’agit avant tout d’une discipline mentale qui doit tendre vers quatre principes : harmonie, respect, pureté et tranquillité. La cérémonie à laquelle nous assistons applique le strict protocole du Sado. Nous sommes invités à nous asseoir dans l’espace réservé aux invités importants (Kinin Datami), devant le Tokonoma (espace réservé à la décoration florale –Ikebana). Ensuite, la cérémonie se déroule en plusieurs actes qu’il serait malheureusement trop long détaillé ici. Notons simplement que l’apprentissage de cette cérémonie fait l’objet d’une attention particulière dans les familles japonaises qui transmettent ses valeurs. L’enseignement débute pour certains dès le collège et nombreuses sont les femmes mais aussi les hommes qui pratiquent cette cérémonie.
Après la cérémonie, nous visitons les pièces annexes, notamment une salle aux dimensions plus petites et d’un agencement différent –elle aussi réservée aux cérémonies (Gen’an). Le pavillon est un bâtiment traditionnel construit assez récemment par Iemoto Ho-Unsai Sen Soshitsu afin de commémorer la mémoire de son ancêtre et grand maître de l’Ecole Urasenke, Senso Soshitsu. Il s’agit d’un don généreux fait par la Ville de Komatsu.

De là nous traversons le jardin -sur lequel il y aurait aussi beaucoup à dire- pour nous rendre au musée Saburo Miyamoto, artiste peintre né à Komatsu, en 1905. L’exposition temporaire laisse apparaître la personnalité de cet homme qui fut influencé dans son art pictural par les maîtres tel Millet, Van Gogh, Matisse, Picasso ou Dufy et les principaux courants occidentaux : impressionnisme, expressionnisme, Nabis,… Il en ressort une peinture très éclectique que je découvre pour la première fois avec le plus plaisir car le Musée de Langres vient d’acquérir une œuvre T.Oguiss, ami très proche de cet artiste. Nous déjeunons à la caserne de Komatsu, en présence du Capitaine des pompiers. Ce dernier nous présente sur power-point (malheureusement en japonais) une intervention très difficile qui s’est déroulée, le 20 décembre 2006, dans le centre de Komatsu et visant à éteindre un incendie dans une usine de textile. L’intervention dura 7h et mobilisa plus de 400 pompiers. Nous nous rendons ensuite dans l’usine « J Bus », groupe japonais leader dans la fabrication des bus et autocars. Nous avons bien évidemment une pensée pour Jacques qui aurait été plus à même d’apprécier cette visite. Nous assistons, d’abord sur diaporama, puis sur place au processus de construction d’un autocar.

La journée n’est pas finie car nous nous dirigeons à présent au sud de Komastu, au sanctuaire de Natadera. Quel éblouissement ! Nous sommes saisies par la beauté des lieux dans cette lumière légèrement tombante d’une fin d’après midi. Le temple principal (Kandou) est une construction récente, réplique exacte du temple détruit par un incendie en 1350. Contrairement aux pays européens, le Japon pratique des restaurations totales visant à restituer un bâtiment dans son intégralité. Celui-ci date de 1990. Néanmoins l’enchantement est total ; la nature extrêmement foisonnante mélange constructions savantes et harmonie naturelle des éléments. La soirée se déroule en présence quelques membres du Rotary dans le restaurant Coréen tenu par l’une d’elle. Nous y mangeons des Yakiniku, c’est-à-dire de la viande grillée sur barbecue. Le dîner est délicieux et nous rentrons, un peu fatigué à l’hôtel de Komatsu !


Mercredi 25 : le début de la fin

Le levé est difficile et j’avoue qu’une grasse matinée n’eut pas été de trop ! Mais nous profitons des dernières heures qui nous restent avant le départ pour quelques visites culturelles supplémentaires.

Nous rencontrons, tout d’abord le Maire de Kaga, très heureux de rencontrer des Français et de partager avec nous sa propre expérience dans notre pays. Nous apprenons ainsi qu’il demeura un mois dans la ville de Blois, visitant les châteaux et les caves de la Loire, afin de mieux appréhender les institutions françaises et notre culture.

Nous aurons ensuite l’occasion de nous rendre à quelques kilomètres de Kaga, sur la commune de Yamanaka qui développe, avec la préfecture d’Ishikawa, un projet urbain novateur. En effet, la rue principale a fait l’objet d’une réhabilitation -dont Sophie serait plus à même de pouvoir parler- et que je qualifierais de radicale : alignement des maisons et magasins nécessitant la destruction et la reconstruction d’un nombre important d’édifices. Notons que ce travail a été mené en collaboration avec les habitants soutenus par une association très active. Le nouveau plan d’urbanisme intègre deux principes intéressants : d’abord le maintien des boutiques d’artisanat local, ensuite la création de nouveaux espaces pour les touristes. Un même gérant peut ainsi travailler dans deux secteurs d’activité, comme par exemple la vendeuse de fruits et légumes rencontrée qui vend conjointement sa production de papiers et d’estampes traditionnels.

Par ailleurs, la ville de Yamanaka est célèbre pour ses laques que l’on peut admirer dans toutes les bâtiments publics tel le théâtre où l’on assiste aux représentations de la toute aussi célèbre danse, dite de « Yamanaka ». Mais cette ville a une autre spécificité que nous allons découvrir : un pont métallique sinusoïdal de couleur rose fushia élaboré par un célèbre cinéaste japonais (dont nous vérifierons les nom).

Enfin, nous finissons cette matinée par la visite du musée de la Céramique de Kutani, célèbre au Japon et dans le monde entier. Le conservateur qui nous accueille nous présente les collections du musée. (Comme dans chacun des musées que j’ai pu visité en un mois, je suis toujours surprise par la qualité de la muséographie, simple et efficace.)
Cette céramique se caractérise par ses formes élégantes et ses nuances colorées qui se déclinent sur une gamme de 5 couleurs : vert, jaune, blanc, bleu et rouge. Trois styles sont identifiables (« Aote », « Iroe Gosai » et « Akae Kinran »). Les pièces que nous connaissons le mieux en Europe, sont celles de la dernière période très largement exportées après les premières Expositions Universelles qui les font découvrir à l’Occident. Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver dans les musées français et européens quelques très belles pièces.
Nous passerons une très bonne soirée en compagnie d’Alexandre et Yasue, le couple franco-japonais rencontré il y a deux jours. Nous rentrons ensuite à l’hôtel, écrire ces quelques lignes et avancer nos bagages.

Nous déjeunons ensuite avec le dernier club rotary dans le centre de Kaga. Nous remettons donc, un peu ému, nos dernières bannières. L’heure de la fin semble arriver car l’après midi sera plus tôt un moment de détente voué à faire quelques achats dans un complexe mêlant musée de l’origami (étonnant et même époustouflant), musée des poupées (Gosho, Saga et Kyo) et pâtisseries multiples.

Aucun commentaire: