lundi 9 avril 2007

DE UOZU à NAMERIKAWA

Aujourd'hui lundi 9 avril, nous sommes allés visiter une usine ultra moderne de fabrique de fermetures éclairs : YKK quasiment en état de monopole dans le monde. L'usine fait 2OO HA. Nous l'avons visité en bus, le véhicule traversant les ateliers sans s'arreter au milieu de robots sans aucun personnel dans les ateliers. Les Japonais sont méfiants, ne donnent aucun commentaire technique, et il est interdit de prendre des notes et faire des photos. Depuis le début, c'est la même chose, et je désespère d'apprendre quelque chose d'intéressant dans ce domaine. Le bâtiment spécial abritant uniquement la fabrication des fermetures éclairs pour Louis Vuitton est top secret et l'on n'est même pas rentrés.

Ensuite, visite d'une fabrique d'art de quenelles de poissons: la quenelle est mise en forme et décorée, et vendue pour les cérémonies (mariages etc...) . Nous avons fabriqué nous-même notre propre oeuvre d'art de poisson, toque sur la tête, qui nous a été remise après cuisson à la vapeur. C'est comme faire un tableau avec gouache et couteau de peintre.






Lunch en compagnie de 3 clubs, poissons crus, petits calamars entiers crus, oeufs de poissons gélatinés et tout jaunes transparent etc..Sophie n'est pas à la noce. Tous les jours cela se corse.

Move vers le musée des forêts mortes, où l'on trouve des énormes souches d'arbres datant de mille ans.

Puis direction l'aquarium, similaire à ceux que l'on peut voir en Europe, toutes sortes de poissons d'eau de mer et d'eau douce et tous êtres vivants marins plus ou moins étranges avec en vedette une énorme pieuvre, qui nous a fait un ballet nuptial en nous montrant toutes ses facettes: impressionnant.


En route pour le centre de thalassothérapie, copié sur le modèle français, puis visite d'un aquarium unique au monde, de calamars lumineux qui ne se trouvent que dans la baie de Toyama là où la mer descend abrupte: une fosse de mille métres quasiment en bord de plage. La caractéristique de ces calamars est qu'ils ont des antennes avec des petites ampoules au bout, qui s'illuminent en bleu quand ils sont dérangés. Nous avons pu le vérifier en en attrapant et en les secouant, ce qui ne leur plaisait guère.

A17H30, scission du groupe: les filles sont parties dans une famille, Saïd dans une autre, et moi seul à l'hôtel. Pourquoi? parce que je suis seul invité au dîner statutaire du RC Namerika, dont le siège est dans le même hôtel. Je me suis douté qu'il y avait anguille sous roche, et pour la 1ère fois du séjour, j'ai enfilé ma tenue de gala: costume sombre et noeud pap. Bien m'en a pris, j'ai été accueilli par la Marseillaise, suivie de l'hymne Japonais et de celui du Rotary, tous deux chantés en choeur par tous les membres au garde à vous devant les drapeaux. Présence du maire, et des personalités de la ville, que le club avait invité en déplaçant spécialement pour moi son jour de réunion statutaire, et m'offrant un diner de gala: des trucs que je n'avais jamais mangé ni jamais entendu parler. Certains , il fallait s'accrocher pour les avaler et répondre à mes hôtes ravis qui me posait la question: very good, japanese cooking : SAÏKO!! very amazing!! j'ai mangé mon 1er aileron de requin. Juste avant, J'étais figé devant le pupitre des discours mon paquet de cartes de visite à la main et toutes les personnes défilaient en procession devant moi pour me présenter leurs hommages et échanger leurs cartes de visite avec moult courbettes. Konban wa, Arigatô gozaimasu!! jean marie FAUVEL to iimasu, hajime mashite. Le président de la république n'aurait pas fait mieux. Les discours se sont succedés. N'étant pas au courant, j'ai dû improviser un discours en français et en anglais, traduit par un interprète en japonais.

Tous debout, on a porté le toast: KAMPAI
Pendant le repas, des membres ont chanté des chants japonais, j'ai dû y aller de mes 2 petites chansonnettes, heureusemement que j'avais prévu le coup. Durant le repas j'ai été assailli de questions sur la France, sur l'environnement, la protection de la nature, l'urbanisme,etc..Réponses anglais ou français suivant les interlocuteurs.

A la fin du repas, chaque membre est monté à la tribune avec son petit discours écrit sur un papier,et qui m'était destiné. Certains n'arrivaient pas à lire tellement ils étaient émus. Je représentais la France, le pays de leur rêve (ont-ils dits), et c'était la 1ère fois qu'ils recevaient un Français. Le Président trés ému a dit que ce jour resterait gravé dans l'histoire du club.

Puis ce fût le chant de l'amitié, chanté en choeur, tous main dans la main, en formant un cercle et en balançant les bras. Un moment fort. Avant de se quitter, un membre m'a demandé quel était la décoration que je portais à la boutonnière: c'était mon PHF. Personne dans le club ne connaissait. C'est un petit club dans une ville de 35000H. Quand je leur ai expliqué le pourquoi et le comment de cette distinction, ce fût le bouquet. Ils étaient figés. Sayonara Fauvel san.

C'est dans ces moments forts qu'on ressent la dimension du Rotary, et le bien-fondé des EGE.

Pour Sophie, Emmanuelle et Saïd, la soirée se déroule avec les rotariens dans un restaurant où le choix des plats était varié , et par une nuitée typiquement japonaise : thé japonais avant de dormir, salle de bains commune avec bain chaud, chambre avec tatamis et futons, et déjeuner à la japonaise !